{"id":6362,"date":"2012-10-06T00:18:33","date_gmt":"2012-10-06T00:18:33","guid":{"rendered":"http:\/\/retraiteenaction.ca\/blogue\/?p=6362"},"modified":"2015-09-04T16:40:03","modified_gmt":"2015-09-04T16:40:03","slug":"les-5-et-6-novembre-1991-evasion-chroniques-de-voyage-a-bord-du-voilier-arabesque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.retraiteenaction.ca\/le-magazine\/2012\/10\/06\/les-5-et-6-novembre-1991-evasion-chroniques-de-voyage-a-bord-du-voilier-arabesque\/","title":{"rendered":"Les 5 et 6 novembre, 1991 \u2014 \u00c9vasion : Chroniques de voyage \u00e0 bord du voilier Arabesque"},"content":{"rendered":"<p>Cape May, NJ. &#8211; C. &amp; D. Canal (Chesapeake-Delaware, DE. &amp; MD, le 5 novembre 1991<br \/>\n38\u00ba 56&prime; 83 &#8211; 74\u00ba 53&prime; 86<\/p>\n<p>Excellente nuit : aucun roulis pour nous d\u00e9ranger. En effet, l\u2019emplacement \u00e0 quai \u00e9tait si bien choisi que nous n\u2019avons ressenti aucun mouvement cette nuit &#8211; m\u00eame pas celui occasionne par la mar\u00e9e. Et la chaleur de notre chaufferette (\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 quai), nous a combl\u00e9s d\u2019aise. On s\u2019attable pour le petit d\u00e9jeuner, puis Paul fait une photo des Templeton avec nous devant Arabesque, car ceux-ci ne partiront pas avec nous aujourd\u2019hui. <!--more--><\/p>\n<p>Gregg a command\u00e9 une nouvelle antenne pour sa radio VHF, et doit attendre sa livraison. Puis on s\u2019\u00e9loigne du quai, passant pr\u00e8s de Sea Gull, avec Mike Miller et Susan Beck \u00e0 bord.<br \/>\nMike crie \u00e0 Paul de ralentir, car la houache (wake) qu\u2019on cr\u00e9e est trop forte, et fait tout bouger \u00e0 son bord. Paul ob\u00e9it \u00e0 cette injonction et on vient se placer pr\u00e8s de Pegassus encore au mouillage. On lui apporte les 2 pintes d\u2019alcool pour son r\u00e9chaud. Phil nous demande de venir \u00e0 bord pour une tasse de th\u00e9 bien chaud. On s\u2019amarre en couple pour un petit moment.<\/p>\n<p>Phil a grelott\u00e9 toute la nuit et h\u00e9site \u00e0 partir car la M\u00e9t\u00e9o nous annonce du froid (autour de 40 \u00baF et rafales du nord de 10-15 m\/h. Comme Pegassus n\u2019a pas de cagnard dodger), Phil n\u2019aurait aucune protection. Depuis la journ\u00e9e et la nuit \u00e9galement froides d\u2019hier, il ne se sent pas de taille \u00e0 entreprendre une \u00e9quip\u00e9e de plus de 50 milles pour traverser la baie de Delaware, du sud au nord. C\u2019est donc \u00e0 regret qu\u2019on se quitte- m\u00eame Paul h\u00e9site un peu \u00e0 continuer, mais nous d\u00e9cidons de tenter le tout pour le tout, malgr\u00e9 le froid. Il fait soleil, mais il est d\u00e9j\u00e0 10 h. Cet \u00e9reintant p\u00e9riple nous prendra environ 14\u00bd heures, dont 7\u00bd consacr\u00e9es \u00e0 la navigation de nuit. Dans le noir, on perd et retrouve les bou\u00e9es, mais il y a tellement de diff\u00e9rents chenaux entre un nombre incalculable de hauts-fonds marqu\u00e9s eux aussi par des bou\u00e9es lumineuses &#8211; qu\u2019on finit par y perdre son Latin, pour ne pas dire le Nord! Mais justement, au nord, une usine thermonucl\u00e9aire, nous \u00e9blouit de ses mille feux.<\/p>\n<p>On tourne un peu en rond, puis pla\u00e7ons un appel \u00e0 la Garde c\u00f4ti\u00e8re qui ne nous aide pas plus \u00e0 retrouver la bonne direction. Heureusement, le Capitaine d\u2019un \u00e9norme chalutier, vient \u00e0 notre aide. Il nous indique, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un puissant r\u00e9flecteur et par VHF, la route \u00e0 suivre pour acc\u00e9der au canal. On remercie chaleureusement ce bon Samaritain des eaux.<br \/>\n23 h 45 On s\u2019engage dans le canal, \u00e9clair\u00e9 de lampadaires sur ses berges. Apr\u00e8s les heures de noirceur et les angoisses des derni\u00e8res heures, on se croirait sur le Boulevard Ren\u00e9 L\u00e9vesque, illumin\u00e9 et d\u00e9sert, \u00e0 3h du matin! On d\u00e9couvre un minuscule bassin d\u2019ancrage, \u00e0 la sortie du canal, pr\u00e8s de Chesapeake City, vers 1 h 30. Nous installons au mouillage pour la nuit, suivi d\u2019un repas et d\u2019un repos bien m\u00e9rit\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p>Canal C. &amp; D., DE\/MD.-Worton Creek, MD., le 6 novembre 1991<br \/>\n39 \u00ba31&prime; 53 &#8211; 75\u00ba 48&prime; 17<\/p>\n<p>Il a encore fait un froid de canard cette nuit. Cependant, nuit d\u2019un calme absolu, dans un mouillage prot\u00e9g\u00e9 de tout : vents, mar\u00e9es, courants, houache caus\u00e9e par les bateaux, et m\u00eame les sons. Il y avait quelques cristaux de glace, m\u00eal\u00e9s \u00e0 ceux du sel sur la vitre de l\u2019\u00e9coutille du \u00ab V \u00bb, ce matin. Paul allume le Can-a-Flame, histoire de \u00ab d\u00e9gourdir \u00bb assez l\u2019air dans le carr\u00e9 pour qu\u2019on puisse s\u2019habiller (chaudement) et ne plus voir notre haleine \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur&#8230; Et moi qui croyais qu\u2019on voyageait vers les pays chauds, ou au moins vers un climat plus doux que celui au Canada!\u00a0 Et ce beau soleil qui nous accueille, et br\u00fble les quelques tra\u00een\u00e9es de brouillard qui sont encore \u00e0 fleur d\u2019eau, o\u00f9 quelques cols-verts pataugent sans crainte des marins qui les \u00e9pient. Des escadrons d\u2019outardes nous saluent au passage &#8211; elles au moins savent o\u00f9 est le Sud&#8230;On profite de ce havre pour faire quelques petits travaux d\u2019entretien : entre autres, remplacer le filin du d\u00e9tecteur de radar afin de le hisser \u00e0 nouveau \u00e0 la barre de fl\u00e8che du m\u00e2t.<\/p>\n<p>Hier, durant notre \u00e9pique travers\u00e9e de la baie Delaware, alors que le voilier roulait et tanguait durement, \u00f4 surprise! ce filin s\u2019\u00e9tait cass\u00e9.\u00a0 Donc le d\u00e9tecteur de radar (assez lourd, de plus), \u00e9tait tomb\u00e9 sur le pont, manquant de justesse l\u2019\u00e9coutille du carr\u00e9 et r\u00e9ussissant \u00e0 ne pas tomber \u00e0 l\u2019eau. Autre preuve que mon filet tress\u00e9 autour du pont a fait son travail, en l\u2019y retenant. On doit \u00e9galement remplir les lampes \u00e0 l\u2019huile, y inclus celle qu\u2019on accroche au m\u00e2t, lorsqu\u2019\u00e0 l\u2019ancre, et les r\u00e9servoirs d\u2019alcool des br\u00fbleurs de notre po\u00eale Origo. Il faut aussi v\u00e9rifier l\u2019huile du moteur, la cale, et remplir le r\u00e9servoir Diesel \u00e0 m\u00eame nos r\u00e9serves. On n\u2019a pas l\u2019intention de gagner de Marathon ce jour-ci, donc nous nous contenterons d\u2019une \u00e9tape plus modeste que celle parcourue hier. 12 h 00 D\u00e9part. Pegassus nous surprend par un appel VHF vers 13 h. Lui et Seagull ont quitt\u00e9 Cape May vers 3 h et ne sont plus qu\u2019\u00e0 10 milles derri\u00e8re nous.. Nous le rencontrerons peut-\u00eatre \u00e0 notre destination de ce soir, Worton Creek, Md. Nous arrivons \u00e0 l\u2019endroit pr\u00e9vu, vers 14 h 45. Beau mouillage calme o\u00f9 \u00e9volue un huard. Nous larguons l\u2019ancre, pr\u00e9parons l\u2019ap\u00e9ro, et nous reposons en tenant le journal de bord \u00e0 date, ainsi que cette chronique. La nuit vient vite&#8230;Et Pegassus arrive bient\u00f4t, seul. Ayant un plus faible tirant d\u2019eau que nous, il r\u00e9ussit \u00e0 se mettre \u00e0 quai \u00e0 la marina de Worton Creek.Environ 30 minutes apr\u00e8s notre arriv\u00e9e, une envol\u00e9e d\u2019outardes vient s\u2019abattre sur ces eaux calmes (comme chez nous \u00e0 Iroquois), pour y passer la nuit en radeau. Leurs appels si familiers nous charment, m\u00eame durant notre sommeil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cape May, NJ. &#8211; C. &amp; D. Canal (Chesapeake-Delaware, DE. &amp; MD, le 5 novembre 1991 38\u00ba 56&prime; 83 &#8211; 74\u00ba 53&prime; 86 Excellente nuit : aucun roulis pour nous d\u00e9ranger. 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